Il faut tout un village pour élever une famille

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« Il faut tout un village pour élever un enfant » proverbe africain

Et si nous n’avons pas ce village ?

J’aperçois beaucoup ce merveilleux proverbe africain en ce moment, il m’apparaît énormément en ce moment, simple hasard ? Je ne saurais vous dire. Là où il peut s’avérer être une force chez beaucoup d’entre nous, synonyme de bonheur et de joie, il peut, comme il le fait pour nous, faire l’effet d’une petite bombe vicieuse.

Cette sublime vérité, chez nous, est devenue notre fer de lance au quotidien.

Il est utopique de croire qu’absolument tout le monde peut vivre ou il veut de nos jours, du moins sans en subir quelques conséquences… plus ou moins dures. Dans notre cas, et comme dans le cas de nombreuses familles de militaires en France et partout dans le monde, nous sommes une famille isolée. Les militaires ne choisissent pas leurs affectations. Vous demandez, on vous propose un autre choix, vous acceptez ou non, et c’est tout. Aucun facteur personnel ou familial n’est pris en compte. Pas d’autre choix.

Enfin si, le choix de continuer quand même et de rester au service, dans mon cas soutenir mon mari en service ; par passion du métier ? par honneur et fierté ? pour d’autres raisons ? Un peut tout cela.

La conséquence est que nous n’avons pas notre village pour élever notre enfant.

Environ une semaine toutes les six semaines nous avons la chance de pouvoir retourner auprès de notre famille et recharger nos batteries, et puis c’est tout. Je nous estime chanceux car à notre époque la communication virtuelle est clairement bien établie et cela nous rassure. Mais c’est tout. Elever un enfant, seuls, dans un endroit dévasté et déserté, est une mission de tous les instants.

Ces derniers temps j’aurais aimé pouvoir déposer mon enfant chez sa « Mani ». Durant une heure ou deux, boire le café avec elle et les voir se câliner. Prendre le temps de me faire un soin pour les cheveux, de faire une course ou me mettre à jour dans mes machines, ou tout simplement, ne rien faire en sachant que mon petit est auprès de sa mamie et qu’ils nourrissent leur lien d’attachement.

Ces derniers temps j’aurais eu besoin de me réfugier auprès de mes sœurs, parler de mes peurs et pleurer un bon coup. Elles connaissent ma propension à déborder, me sentir submerger, craquer un instant mais à toujours rester forte et debout. J’aurais eu besoin d’aller écouter de la musique, une heure ou deux, un vendredi soir.

On ne peut se rendre compte de la chance qu’on a d’être entourés que quand on est physiquement seuls, dans un endroit gris, non désiré, où les entités qui divaguent ne sourient jamais et nous étouffent de leurs énergies négatives.

Et si je décide de voir le verre à moitié plein je dirais que ce « choix » de vie, qui n’est pas tout à fait le nôtre, aussi éprouvant qu’il puisse être, fait notre force et nous soude à jamais.

Nous sommes pour le moment, notre village à 3 et nous sommes déjà tellement chanceux. Le vent change, la roue tourne. Bon par contre si elle pouvait ne pas tarder à tourner… Enfin je dirais plus largement qu’il faut tout un village pour élever une famille.

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